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UNCTAD/PRESS/IN/2021/001
Qui sont les pays les moins avancés ?
Rapport 2021 sur les pays les moins avancés : Les pays les moins avancés dans le monde post-COVID : Tirer les enseignements de 50 ans d'expérience

Geneva, Suisse, 27 septembre 2021

À ce jour, 46 pays sont désignés par l’Organisation des Nations Unies parmi les pays les moins avancés (PMA), ce qui leur donne droit, entre autres avantages, à une aide, à un accès préférentiel aux marchés et à une assistance technique spéciale. Ces 46 PMA sont répartis entre les régions suivantes :

a.   Afrique (33) : Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tchad, Togo, et Zambie.

b.   Asie (9) : Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Cambodge, Myanmar, Népal, République démocratique populaire lao, Timor-Leste et Yémen.

c.   Caraïbes (1) : Haïti

d.   Pacifique (3) : Îles Salomon, Kiribati et Tuvalu.

Établissement de la liste des pays les moins avancés

La liste des PMA est revue tous les trois ans par le Comité des politiques de développement (CPD), un groupe d'experts indépendant qui fait rapport au Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC). Après un examen triennal de la liste, le CDP peut recommander, dans son rapport à l'ECOSOC, que des pays soient ajoutés à la liste des PMA ou qu’ils en soient retirés (on parle alors de “reclassement”).

Entre 2017 et 2020, le CDP a entrepris un examen complet des critères de définition des PMA, et les révisions qui en ont résulté ont été appliquées pour la première fois lors de l'examen triennal qui a eu lieu en février 2021. Les critères revus et les seuils pour être ajouté à la catégorie des PMA et pour sortir de cette catégorie appliqués lors de l'examen triennal de 2021 sont les suivants :

a.   Un critère de revenu, basé sur une estimation de la moyenne sur trois ans du revenu national brut (RNB) par habitant en dollars des États-Unis, en utilisant des facteurs de conversion basés sur la méthodologie de l'Atlas de la Banque mondiale. Lors de la révision triennale de 2021, le seuil pour être ajouté à la liste était de 1 018 dollars ou moins ; le seuil pour sortir de la catégorie était de 1 222 dollars ou plus.

b.   Un indice de capital humain, composé de deux sous-indices : un sous-indice de santé et un sous-indice d'éducation. Le premier sous-indice se compose de trois indicateurs : (i) le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans ; (ii) le taux de mortalité maternelle ; et (iii) la prévalence de retard de croissance. Le sous-indice de l'éducation englobe : (i) le taux brut de scolarisation dans le secondaire ; (ii) le taux d'alphabétisme des adultes ; et (iii) l'indice de parité entre les sexes pour la scolarisation dans le secondaire. Les six indicateurs sont convertis en indices selon des méthodologies établies, avec un poids égal. La révision triennale de 2021 a fixé les seuils pour être ajouté à la liste et pour sortir de la liste à 60 ou moins et 66 ou plus, respectivement.

c.   Un indice de vulnérabilité économique et environnementale, composé de deux sous-indices : un sous-indice de vulnérabilité économique et un sous-indice de vulnérabilité environnementale. Le sous-indice de vulnérabilité économique comporte quatre indicateurs : (i) la part de l'agriculture, de la chasse, de la sylviculture et de la pêche dans le PIB ; (ii) l’éloignement et l’enclavement ; (iii) la concentration des exportations de marchandises ; et (iv) l’instabilité des exportations de biens et services. Le sous-indice de vulnérabilité environnementale comporte quatre indicateurs : (i) la part de la population vivant dans des zones côtières de faible élévation ; (ii) la part de la population vivant dans des zones arides ; (iii) l'instabilité de la production agricole ; et (iv) les victimes de catastrophes.  Les huit indicateurs sont convertis en indices selon des méthodologies établies, avec un poids égal. L'examen triennal de 2021 a fixé les seuils pour être ajouté à la liste et pour sortir de la liste à 36 ou plus et 32 ou moins, respectivement.

Lors de chaque examen triennal, tous les pays des régions en développement sont examinés en fonction des critères. Si un pays non-PMA atteint les seuils établis pour être ajouté à la liste pour les trois critères lors d'un seul examen, il peut devenir éligible pour être ajouté à la catégorie des PMA.

Le consentement du pays concerné est requis pour l’obtention du statut de PMA. Il prend effet immédiatement après que l'Assemblée générale a pris note de la recommandation du Comité. Aucune recommandation pour être ajouté à la liste n'a été formulée lors de l'examen triennal du CDP de 2021.

Sortie de la catégorie des pays les moins avancés

Pour sortir de la catégorie des PMA, un pays doit atteindre les seuils de sortie établis pour au moins deux des trois critères pendant deux examens triennaux consécutifs.

Les pays très vulnérables, dont le capital humain est très faible, ne peuvent sortir de la catégorie que s'ils remplissent les deux autres critères avec une marge suffisamment élevée. À titre d'exception, un pays dont le revenu par habitant est durablement supérieur au seuil de sortie des "seuls revenus ", fixé à deux fois le seuil de sortie (2 444 dollars lors de l'examen triennal de 2021), peut être retiré de la liste, même s'il ne remplit pas les deux autres critères.

Six pays ont fait l’objet d’un reclassement depuis la création de cette catégorie :

  • Le Botswana en décembre 1994 ;
  • Cabo Verde en décembre 2007 ;
  • Les Maldives en janvier 2011 ;
  • Samoa en janvier 2014 ;
  • La Guinée équatoriale en juin 2017 ; et
  • Vanuatu en décembre 2020.

Le CDP a recommandé le reclassement de plusieurs pays dans le passé. Parmi eux, le Bhoutan en 2023, et Sao Tomé-et-Principe et les Îles Salomon en 2024.

L'Angola devait sortir de la catégorie des pays les moins avancés en 2021, mais à la suite d'une récession prolongée et de l'épidémie de COVID-19, l'Assemblée générale a décidé, le 11 février 2021, d'accorder à l'Angola une période préparatoire supplémentaire de trois ans ; le pays devrait donc être reclassé en 2024.

Kiribati et Tuvalu ont été recommandés pour le retrait du statut de PMA en 2018 et 2012 respectivement, et tous deux à nouveau en 2021. L'ECOSOC a reconnu les impacts socio-économiques sans précédent de la pandémie mondiale de COVID-19, et a décidé de reporter l'examen de leur sortie à 2024.

Lors de son examen triennal de 2021, le CDP a envisagé de retirer de la catégorie des PMA trois pays (Bangladesh, Myanmar et République démocratique populaire lao), qui remplissaient les critères de retrait pour la deuxième fois, ainsi que le Népal et le Timor-Leste, qui avaient rempli les critères de retrait pour la deuxième fois en 2018, mais pour lesquels le CDP avait reporté sa décision.

Le Comité a recommandé le retrait de la catégorie des PMA au Bangladesh, au Népal et à la République démocratique populaire lao. En raison de la pandémie de COVID-19, le comité a recommandé une période préparatoire prolongée, ainsi qu'un suivi et une analyse minutieux des impacts de la pandémie, et un soutien spécifique à la transition.

Le Comité a décidé de reporter sa décision sur les cas du Myanmar et du Timor-Leste à l'examen triennal 2024 du CDP. L'ECOSOC, dans sa résolution 2021/11, a approuvé la recommandation du CDP pour les cinq pays.

Enfin, lors de la révision de la liste des PMA par le CDP en 2021, les pays suivants ont atteint pour la première fois les seuils de sortie de la catégorie des pays les moins avancés : le Cambodge, les Comores, Djibouti, le Sénégal et la Zambie.

Djibouti a atteint le critère "seuls revenus " ; les Comores, le Sénégal et la Zambie ont atteint les seuils de sortie pour deux des trois critères, à savoir le revenu et le capital humain ; et le Cambodge a atteint les trois critères de sortie (revenu, capital humain et vulnérabilité économique et environnementale).

Ces pays feront l'objet d'un nouvel examen en 2024 et, s'ils remplissent les critères pour la deuxième fois, ils pourraient être recommandés pour la sortie de la catégorie pays les moins avancés.

Figure : Pays les moins avancés (46)

Afrique 33, Asie 9, Caraïbes 1, Pacifique 3

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